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dimanche 7 août 2011

Histoire de point de vue Chapitre 5


Arrivée à la gare, il me fallait encore prendre la navette à destination de l’aéroport. Je vous passe les détails du voyage, le chauffeur aimable qui ne salut que les tickets moins de vingt six ans, les valises qu'on se prend sur la tête, les regards louches, le car dans les bouchons, les passagers qui gueules pour descendre en plein milieu de l'avenue embouteillée...
L'aéroport.
Dans un aéroport tout est propre et beau, organisé et simple. Ah tiens. Je peux passer devant tout le monde ? Mais oui tient, mon ventre... c'est vrai! C’est cool ça ! Pas besoin de rester debout pendant des heures à attendre. Et puis là bas y a des mac do et des boutiques si tu veux faire du shopping pendant les trois heures d'attente, y a des fauteuils confortables, des grandes baies vitrées, là bas y a des produits détaxés! Mon rêve ça serai de faire construire une belle maison en pierre, avec un grand jardin, en plein milieu d'un aéroport. ( Ben quoi je fais ce que je veux c'est un rêve j'ai dit ! )
De toute évidence tout le monde ne partage pas mon avis sur les aéroports. Tandis que je me délectais du bonheur de séjourner dans une zone détaxées, après qu'un employé se soit chargé pour moi de toutes les formalités et de me montrer la porte d'embarquement, et toute occupée que j'étais à énumérer pour moi même tous les scénarios catastrophes que je pouvais éventuellement vivre au cours des huit heures de vol, des cris hystériques venaient blesser mes oreilles.

  • Quoi? Non mais tu plaisante là ?! Comment ça pas d'espace fumeur? Ça c'est juste pas possible... me dis pas que je vais devoir attendre trois heures dans cet aéroport de merde sans fumer?
  • Mais mon petit c...
  • Rien a foutre de tes mots doux, moi je veux pouvoir entretenir mon cancer comme ça me chante et où ça me chante, trouve moi un putain d'espace fumeur MAINTENANT!

Soucieux de satisfaire sa belle, le compagnon malmené s’attela à sa tache sans perdre une seconde, visiblement pessimiste mais néanmoins décidé à déployer toute l'imagination à sa disposition pour calmer son petit cœur. J'imagine qu'il aura finir par apprendre que l'espace fumeur de l’aéroport existe bel et bien, quoique bien différent des cheminées mise en place dans les gares de France. Je me demandai cependant comment réagirai sa douce compagne en apprenant qu'il lui faudrait monter sur le toit de l'aéroport.

Le meilleur quand on est dans un aéroport, c'est qu'on va prendre l'avion, et l'avion c'est vraiment la classe au dessus dans le monde des transports en commun.
C'est mon premier voyage aérien et je doit bien avouer qu'une certaine angoisse m'envahissait depuis deux ou trois jours. Surtout depuis qu' Amy m'avait rappelé qu'il n'y avait pas eu de crash depuis un moment, ni de nuage de fumé ou encore d'avion égaré par les autorités. D’ailleurs comment fait on pour égarer un avion? Parce que vu de prêt c'est pas si petit que ça quand même!
Les passagers étant peu nombreux sur ce vol, le personnel naviguant me proposa de changer de place pour m'installer dans une rangée de l'allée centrale où quatre sièges n'attendaient que moi. Juste à côté des rafraichissements.
Je commençais tout juste à m'apaiser quand l'avion se mis faire des trucs bizarre avec plein de bruit. Et moi qui pensais que c'était comme dans les films, qu'on annonçais le décollage, avec les consignes de sécurité, mettez votre ceinture et tout le tremblement, mais non, rien du tout on m'a pas prévenue! Je regarde à tout hasard par le hublot le plus près et me rassure immédiatement, ils ne font que charger les bagages ! Ouf !
Effectivement le commandant de bord, qui a beaucoup d'humour, nous annonce le décollage imminent environ une heure plus tard, après nous avoir annoncé qu'un bagage suspect dans la soute retarderai le décollage.
Ça commence bien !
Me voilà donc prête, attachée, scotchée à mon siège, ceinturée au plus serré, crispée sur environ l'intégralité de mon système musculaire et passablement irritée par un bourdonnement d'oreille inexpliqué.
Voilà on a décollé.
Je ne saurai pas vous dire ce que ça peut donner le jour, mais de nuit... ben ça donne rien. On aperçoit bien quelques lumières par ci par là qui se ballade le long du tarmac mais bon, rien d'extraordinaire, si ce n'est, l'altitude jouant son rôle, la ville illuminée qui rapetisse pour laisser entrer dans notre champs de vision un paysage de minuscules éclairages. C'est très beau!
Passé le stress du décollage je me dis que finalement ça n'étais pas si dramatique et puisque j'avais huit longues heures devant moi sans aucune obligation, aucun voisin proche ni aucune chance d'être contactée par la terre ferme, je décidais qu'une petite sieste me ferait le plus grand bien. Quel ne fût pas ma surprise d'être réveillée par la voix du commandant annonçant l'atterrissage. Il me semblait m'être assoupi a peine une minute plus tôt. Nous étions déjà arrivée à destination. Au moins le vol ne m'avait pas angoissé et le décollage ayant largement contribué à me rassurer j'attachais ma ceinture, confiante, les yeux fixés sur l'écran indiquant notre position sur une carte plutôt sommaire.
Le steward passait dans les rangés proposant des bonbons à tous les passagers, je ne compris pas bien pourquoi mais j'aime les bonbons et comme je suis gourmande je le mange de suite. Ça tombe plutôt bien l'avion amorce sa descente, mes tympans sont sur le point d'exploser, malgré le bonbon qui, je l'apprendrai plus tard, est sensé éviter qu'on souffre trop des oreilles. Et puis y a un truc qui cloche, au décollage ça bougeait pas autant, c'est quoi toutes ses secousses ? Quoi le train atterrissage ? Et puis t'es qui toi? J'avais pas de voisin et t'es là d'un coup sur le siège d'à côté à m'dire :

  • Vous inquiétez pas, c'est normal, c'est le train atterrissage.

Et depuis quand ça fou autant de bordel une roue qui sort ? Haaaaaaaaaaaaaa c'était quoi ça ? Le sol ? Oui ça va je sais quand on atterrit on touche le sol, merci. Non je suis désolée, c'était gentil de me rassurer, en plus je suis toute seule et un peu sur les nerfs, c'est mon premier vol et puis je sais pas vraiment ce que je suis venue faire ici en fait, j'avais besoin de vacance et ça paraissait une bonne idée au début mais maintenant je sais plus trop, enfin je vous embête avec mes histoires...

  • Pas du tout non, je rentre de métropole et si vous voulez je peux vous laisser ma carte, si vous aviez besoin d'un guide.
  • Ben, je ne sais pas trop, oui je peux toujours prendre votre carte, c'est vrai que je ne connais pas. Merci.

Bon j'ai pris sa carte mais lui ne sais pas où je vais, et puis je ne suis pas obligée de l'appeler. C'est les nerfs aussi, j'étais stressée et je ne suis pas dans mon état normal.
Bon en même temps c'est quand même super grand l’Australie, un guide ça peut aider !

mercredi 6 juillet 2011

Histoire de point de vue Chapitre 4

J'étais donc assoiffée.
 Certainement à cause de la « cigarette » de l'étudiant. 
Impatiente de voir le train démarrer, mais surtout d'entendre le contrôleur annoncer l'ouverture du wagon restaurant. J'avais la bouche pâteuse et la tête cotonneuse. 
Ma capacité d'attention étais à peu près aussi impressionnante que celle d'un enfant de 2 ans, ce qui ne m’empêchait pas de développer une obsession très soutenue, elle, pour mon état de déshydratation.


Lorsqu'enfin je pu accéder au wagon restaurant, il ne me restait plus assez de salive pour communiquer de façon compréhensible, et manifestement pas suffisamment de cohérence non plus. Aussi au terme d'une longue réflexion qui exaspérait visiblement la fil d'attente, je fini par exprimer ma commande le plus simplement du monde :

eau, plait !

D’ailleurs l’hôtesse ne sembla pas perturbée outre mesure et se contenta de me demander :

plate ou gazeuse ?
_ Plate !
_ Deux euros s'il vous plait.

Notez, deux euros pour cinquante centilitres d'eau, le « s'il vous plait » peut bien être comprit dans la commande. Au meilleur de ma forme j'aurai pu lui répondre :

Mais si ça ne me plait pas ?

Ce à quoi l'hôtesse aurai certainement rit par politesse, avant d'échanger avec son collègue ce regard alliant exaspération et pitié que je pratique moi – même bien souvent.


J'ai préféré me taire ( doutant fortement, à vrai dire, de ma capacité à prononcer une phrase aussi évoluée) et prétexter, pour moi même, le prix exorbitant de ma consommation pour supprimer de mes épaules toute culpabilité au sujet de mon langage rudimentaire.


J'avais fini ma bouteille d'eau avant même de retrouver ma place dans le wagon suivant la voiture commerçante. N'envisageant pas plus d'y retourner que de dépenser de nouveau deux euros pour un verre d'eau, je décidais d'attendre l'arrivée en gare pour me réhydrater.
Je m’endormis certainement une bonne partie du voyage car la jeune femme face à moi avait presque fini le roman qu'elle avait commencé en arrivant. 
Mes esprits reprenant leur place normal, mon sens de l'observation se remit en marche dès mon réveil. Je ne pu m'empêcher de constater que quelque chose chez elle avait changé. 
 Ce qui m'exaspérait au plus haut point étant que j'étais totalement incapable de me rappeler quoi !

Une belle jeune femme, c'est certain, de celle qui transporte la fraîcheur partout avec elles, dont le parfum laisse un sillon fleuri sur son passage. Si fine qu'il semble indispensable de la protéger, comme un verre de cristal que l'on confierai à la poste. La délicatesse d'une arabesque dans chacun de ses mouvements. 
Bref vous ciblez à peu près de quel genre de femme je parle.


 Elle portait un débardeur blanc sur une jupe rose et fleurie à volants, trois rangs de volants. Pas de maquillage, si ce n'est un gloss transparent sur les lèvres. Ses longs cheveux châtains étaient relevé en chignon brouillon au dessus de sa tête, elle n'avait plus ses lunettes.
Voilà, j'ai trouvé, ce sont les lunettes!
Je les ai remarqué tout de suite en m'installant à ma place parce qu'elle ne correspondaient pas du tout au personnage. Ce son des lunettes à grosse monture, rouge, voyante et vulgaire et elle ne sont plus sur son nez.

L'énigme résolue, je pu donc mon rendormir jusqu'à l'arrivée du train. Du moins je le pensais. 
A peine les yeux mi clos, ma voisine de voyage reçu un appel téléphonique auquel elle répondit le plus naturellement du monde. Et j'ai alors compris le choix des lunettes. 


On a souvent tendance à oublier qu'on ne choisi pas son physique. Bien sur quand on est moche et gros on y pense souvent au fait qu'on ne choisi pas mais qu'on est beau ou tout du moins passable, on y pense pas vraiment. Et bien les beaux non plus de choisissent pas ! Simplement ils n'ont pas de raison de s'en plaindre.
A vrai dire l'expression «  l'habit ne fait pas le moine » prenait, à la vu de cette scène, tout son sens !

- De quoi ?
- J'en ai rien à foutre moi !
- Mais j'vais pas t'attendre, j'viens d'faire 150 bornes pour te voir et …
- Ouais c'est ça ! Ferme ta gueule ! Tu sais quoi ? Ferme ta gueule !
- Connard !

( afin de protéger le sensibilité des plus jeunes il me faut abréger ici le monologue de cette passagère).

Elle marchait de long en large dans la voiture, ( a vrai dire plutôt de long), et enrageai, fulminait, sa vulgarité n'avait d'égale que l'écarlate de ses joues qui pour le coup, s'accordait à merveille avec ses lunettes disparues.

lundi 27 juin 2011

Histoire de point de vue Chapitre 3

Je m'étais déjà trop attardée sur cet incident sans conséquence aucune sur ma vie. ( Du moins le pensais – je ) Il me fallait à présent reprendre ma route et sans tarder, mon train ne m'attendra certainement pas. ( C'est étrange d'ailleurs cette façon que nous avons de nous approprier les choses. Je dis « mon train » comme si le fait que je monte dedans en faisait ma propriété. Bref passons, je n'ai pas non plus le temps pour ça.). En longeant le quai je m'interrogeait, naïvement c'est certain, sur l'importance d'une vie aux yeux d’individus portés par une foule. Il m'est apparu qu'au lieu de nous pondre des études pseudo – savante sur l'allaitement et ses conséquences sur les caries de nos bébés - sans - dents, les sociologues aurait là un sujet passionnant.
 Car enfin je venais de partager mon espace vital avec divers personnes dans un métro bondé, sans qu'aucune , dans les va – et – viens des stations, ne s'inquiète ou ne s'excuse des divers pieds écrasés, coups de coude, pelotage en tous genre que j'avais eu à subir. On ne peut pourtant pas dire que je passe inaperçue. Car c'est en fait une hantise pour moi que d'être bousculée, piétinée, écrasée sous le poids d'une foule sans cœur, aplatie en somme, comme ce pauvre Tom que Jerry transforme en crêpe sans aucun scrupule. (Notez que ce chat n'a a faire qu'à une sourie, je vous parle moi d'une foule). Aussi je m'habille toujours de façon bien visible lors de mes divers déplacements en transport en commun. De plus une femme en rouge dont le tour de taille passe du simple au triple selon qu'on la voit de profil ou de face ça ne passe pas inaperçue !
J'avançais donc le long du quai, à bonne distance des bandes de sécurité ( phobie oblige), toute à mes pensées lorsque un groupe de trois hommes cravatés, rasé de prêt, cartable à la main, se précipitent sur les porte du wagon.
Afin d'atteindre se point stratégique, qui consiste à parvenir en première place dans un train dont les places numérotées sont attribuées lors des réservations, le petit groupe n'a pas hésité à me bousculé sauvagement, manquant de peu de me faire plonger sur les rails voisins. Fort heureusement ma bonne étoile veillait et m'envoya illico un charmant contrôleur pour me rattraper. ( Les sociologues pourrait d'ailleurs se pencher aussi sur cette histoire de bonne étoile, il y a certainement beaucoup à apprendre sur leur us et coutumes et certainement aussi sur leur mode de sélection. Car enfin qui mérite une bonne étoile, qui non … il faudrait quand même creuser.) Revenons un peu à la foule donc. Bien sur ce « mini - attroupement » sur les portes déclencha immédiatement un mouvement de foule. Heureuse de la protection que m'offrait le contrôleur, je constatais, en observatrice impartiale, les comportements. Je vis des bras qui poussent, des jambes qui trépignent, la pression de dizaines de personnes portée sur le seul groupe devant les portes. ( Voilà bien un motif pour s'y précipiter). Je constatais surtout qu’a fin de s'agglutiner ainsi, la foule des passagers empruntait tous les passages possibles. Écrasant au passage les plus fragile, mais à aucun moment je ne fut bousculée. Je me trouvais pourtant au milieu du quais;  aux côté de mon sauveur en uniforme. C'est l'uniforme qui me protégeais de la foule. Car dans sa folie animal, emportés par la foule, l'homme garde tout de même juste assez d'idée clair, pour pouvoir voyager.
Une fois le plus gros des passagers installés, j'entrais dans le wagons où je m'installais, soulagée, de pouvoir enfin me reposer. Les voyageurs semblaient tous très serein, calme et posés. Je trouvais étrange de parvenir à tant de calme en si peu de temps et j'avais soif. Très soif à vrai dire trop soif et en buvant dans ma bouteille d'eau la mémoire me revint. Je devais jeter cette bouteille avant de monter dans le train. Je voulais la jeter après l'avoir offerte à l' étudiant du métro. Et pendant qu'il buvait je tenais sa cigarette, j'en avais même fumé!

mercredi 15 juin 2011

Histoire de point de vue ! Chapitre 2

Un des étudiants de la rame de métro s'installe dans un salons zen de la gare. Celui qui se trouve juste à droite en entrant par le sud. De toute évidence il a choisi celui là pour son espace fumeur. La cheminée de verre, colonne colossale montant vers le ciel, m'impressionne chaque fois un peu plus. La fumée blanche danse le long de la parois, attirée irrésistiblement par l'extérieur.
Le jeune homme s'installe au sol, sur un amas de coussins située à portée de main de la fontaine. Son « uniforme » d'artiste, un sarouel visiblement cousu de différents carré de plusieurs sortes de vert sobres, une veste assortie des baskets et bien sur des dreadlocks , ne dénote pas, dans la tours zen, des fumeurs de la gare.
Je le vois sortir de son sac à dos une grosse boite métallique. S'appliquant à ce qui doit, au vu de l'agilité et à la rapidité de ses gestes, être un rituel , le fumeur ne voit pas la femme en tailleur et son regard réprobateur, passer le long de la cage transparente.
Les premières volutes de fumée, expirées des poumons post – adolescent, montent le long de la colonne de verre. J'imagine facilement l'odeur de l'herbe envahissant l'espace. Je n'aime pas vraiment cette odeur. A vrai dire elle me serre souvent la gorge, m'assèche la bouche et me monte à la tête en une spirale incontrôlable et pénible. Pourtant je ne peux m’empêcher de l'associer à la liberté qui serai ma délivrance. La suprême rébellion qui briserai mes chaines d'enfant.
Depuis la légalisation du cannabis et l'invention des « cheminées de fume » dans les lieux publique, les mentalités on changé de façon radical. Une guerre des mots c'est mise en marche. Les « pro – cheminées » contre le reste du monde.
Bien sur les trafiquants ne vendent plus de cannabis, les taxes exorbitantes sur la vente des drogues douce, ont rempli les caisses de l'état et les fumeurs, qu'ils se contentent ou non du tabac, fument ! Tout le monde est content !
Pas tout à fait tout le monde.
Évidemment personne n'avait envisagé,( en tout cas aucun n'en parla) à l'époque du débat, les conséquences qu'aurai une tel normalisation d'une drogue si « douce » soit – elle. Si la « fumette » représente à mes yeux le summum de la rébellion, elle est aux yeux du plus grand nombre, une expérience commune. Le passage obligatoire qui introduit dans l'âge adulte toute personne entre quatorze et vingt-cinq ans.
De toute évidence, la femme aux taches sur le tailleur, ne l'entend pas cette oreille.
Concentrée sur l’agilité du fumeur, j'avais laissé la mère de famille continuer sa route sans lui prêter plus d'attention. Voilà qu'elle entre, visiblement très remontée, dans la tours de verre. J'aurai dû me rendre compte, que son regard, plus que réprobateur, visait d'avantage le jeune homme que son action. Je regrettait alors, l'insonorisation voulu des « cheminée de fume ». Les mouvements secs et peu contrôlés de la quarantenaire laissaient facilement imaginer sa colère, pourtant le son manqua lorsque je vit qu'elle s'empara de la boite de métal et du joint qu'elle rangea dans une plus petite boite au fond de son sac.
Ma curiosité fût vite satisfaite. « Maman » comme la nomma le dreadlockeur interloqué, sorti de la « cheminé » en criant :
_ Je te l'ai dit des centaines de fois ! Je t'interdit de toucher à mes affaires!

jeudi 9 juin 2011

Histoire de point de vue Chapitre 1

Le tunnel gris paraît sans fin. Les lampes semblent se poursuivre tant la vitesse est importante. Il n'est pas possible de s’asseoir ailleurs que sur les « barres » garnies de tissus d'ameublement qui longent la rame et ne permettent que de poser le bord des fesses. 
Un arrêt toutes les deux minutes. A chaque arrêt des dizaines de voyageurs pressés, stressés, viennent s'entasser les uns contre les autres. 
Tout le monde doit rentrer, c'est vital, il n'est pas question de laisser une personne dehors tant que le signal de fermeture des portes n'a pas retenti. Il faut pousser, jouer des coudes, bousculer. Tant pis pour les enfants, les vieux, les malades, ils n'ont qu'a voyager aux heures calmes. Tout le monde doit rentrer et tout le monde rentrera. Les bords de fesses tentent de se maintenir en équilibre précaire. 
Je gigote, tente de signaler ma présence dans l’espoir incertain d'obtenir d'avantage de place, mais personne ne me voit.
Lundi matin, 7h10, le métro est plein. La rame redémarre.
Je tente souvent d'imaginer ce qui pousse les autres à courir si vite. Je visualise la sortie. Les tours de verre, les rues inondées de voitures, le bruit assourdissant de la circulation, l'agitation ambiante. Au bout de la course, un bureau, un comptoir, une fourmilière... Les autres courent vers leur journée de travail qu'ils passeront à occuper le plus possible, pourvue qu'elle passe vite. 
Et ce soir ?
 Ils se précipiteront vers la sortie, rentreront chez eux aussi vite que leur fatigue le leur permettra.
Prendront-il le temps de profiter de leurs enfants ? S’inquiéteront-il de la santé de leur couple ? Appelleront-ils leurs proches? 
Peut-être vont-il simplement se dépêcher de réchauffer la barquette de lasagne achetée samedi matin au super marché, de coucher leurs petits, faire le tour de la maison, ranger, nettoyer et puis dormir. 
Qui sont -il ?
Des étudiants loufoques portant des sacs aussi grand qu'une table de camping, une femme en tailleur repassé, auréolé de taches grasses, peut - être laissée là par le petit dernier qui aurai choisi la dernière tété de la matinée pour marquer son territoire! deux ou trois hommes d'affaires plongés dans la troisième page de Métro.
L'annonce du prochain arrêt retenti. Les intéressés s’agglutinent déjà devant les portes. Le flot d'usagés entrant n'a qu'a bien se tenir. La règle c'est la règle! 
Laissez d'abord descendre les voyageurs avant de monter dans la rame.
 Les portes s'ouvrent, comme le signal muet de début du combat. Aussi longtemps que le signal de fin n'aura pas résonner, les deux forces opposées se feront obstacle, créant entre elles le même champs magnétique que des aimants. Puis la sonnerie familière. La fluidité dont font preuve les autres pour se croiser entre ses deux portes, ressemble soudain à un balai répété de longue date. La foule m'entraine vers l'extérieur. Une bouffée d'air frais parvient jusqu'à moi, le mouvement de la foule me berce. Je me replonge enfin dans un sommeil serein.
                                                                                                                               A suivre...